« Solo voy con mi pena,
Sola va mi condena,
Correr es mi destino por no llevar papel... »
Manu Chao
23 juillet
Mon cher frère,
J'ai trouvé un emploi ! Je vais travailler dans un fast-food. Le travail est assez dur et, d'après mes collègues, pas très bien payé, mais pour moi ça représente une fortune ! Je t'en enverrai une partie chaque mois, en espérant que tu pourras un jour utiliser cet argent pour venir me rejoindre...
En attendant, je ne me lasse toujours pas de contempler la beauté de la ville. Je me suis lié d'amitié avec quelques collègues, et nous passons nos soirées ensemble. Ils m'ont permis de trouver un endroit pour dormir. C'est à l'entrée de Paris, dans un immeuble abandonné. J'ai mon propre appartement ! Bon, bien sûr, tout ceci n'est pas vraiment légal mais je pense pouvoir m'en sortir en restant ainsi, le temps d'économiser assez d'argent pour me payer un vrai logement, et de me renseigner sur comment avoir des papiers.
J'ai aussi rencontré un homme, Pierre. Il n'y a rien de très sérieux pour l'instant, juste un petit flirt, mais cela décuple encore mon bonheur. Finalement, peut-être trouverai-je l'amour dans la ville des amoureux ? J'avoue que je l'espère au fond de moi... Je te tiendrai au courant de l'avancement de notre histoire...
Je m'excuse pour cette lettre assez courte mais, entre mon travail et mes amis, j'ai très peu de temps... Je voulais simplement te prévenir que tout va bien pour moi, et même de mieux en mieux !
Tu me manques, ainsi que tout le village. Embrasse bien tout le monde de ma part...
3 septembre
Mon petit frère,
Je suis désolée de ne pas t'avoir écrit pendant ces longs mois, mais j'ai été tellement occupée par mon travail, les divers déménagements, d'un immeuble insalubre à un autre... De plus, je ne savais pas tellement que te raconter. La routine règle ma vie, comme une vraie parisienne : métro, boulot, dodo comme ils disent ici. Chaque jour se ressemble, le quotidien n'a plus de saveur... Je m'excuse du ton désabusé de cette lettre, mais j'ai l'impression d'avoir porté des ½illères depuis mon arrivée, et la réalité commence tout juste à m'apparaître. La « ville-lumière » est plus sombre que lumineuse. Le long des rues touristiques s'étalent des clochards abandonnés, sans le sou, dont le seul compagnon reste la bouteille, chez qui ils recherchent un peu de chaleur et de réconfort. Les parisiens comme les touristes passent devant eux sans même les voir, ou peut-être ne veulent-ils pas les voir ? Tout n'est qu'apparence. Paris doit sembler beau, doit tenir sa réputation de la « plus belle ville du monde » et pourtant, quand on s'y penche un peu, on voit que la misère et le malheur sont plus présents que l'amour et la beauté. La vie en rose, c'est seulement pour les touristes. Dans le métro, tant de gens se croisent sans même un regard pour leurs voisins. Les passants sont pressés, stressés, individualistes... Ils se disputent pour un rien, font sans cesse des reproches aux autres passagers. Ils ont peur de tout, et surtout de l'étranger. Les élections présidentielles ont eu lieu il y a peu de temps. Bien sûr, ce n'était pas comparable à ce que l'on a pu connaître, les gens peuvent voter ce qu'ils veulent sans peur de représailles, du moins je le crois. Mais celui qu'ils ont élu, je ne sais pourquoi, cultive la haine des étrangers. Depuis son arrivée au pouvoir, la chasse aux sans-papiers bat son plein. Je dois sans cesse me cacher, fuir la police, changer souvent de logement... La vie est devenue très difficile. Heureusement, Pierre me soutient. Nous sommes très amoureux l'un de l'autre et, s'il n'était pas là, je ne sais pas comment je pourrais affronter tout cela. Malgré tout, je m'en veux de me plaindre de ma situation alors que vous devez vous battre chaque jour ! C'est simplement que, même si je sais que j'ai de la chance d'être ici, j'ai perdu toutes mes illusions... Notre rêve n'en était finalement pas un.
Vous me manquez tant...
Je t'embrasse bien fort, ainsi que tous nos amis.
16 septembre
Mon frère,
Je n'ai pas vraiment le temps de t'écrire une longue lettre cette fois-ci. Je t'écris simplement pour te dire que j'ai très peur. Un de mes amis les plus proches a été arrêté par la police il y a quelques jours. Il avait perdu son titre de transport et, quand les contrôleurs lui ont demandé ses papiers et qu'ils ont vu qu'il n'en avait pas, ils ont prévenu la police. Il est maintenant au centre de rétention de Vincennes. Je n'ai pas vu Pierre depuis plusieurs jours, alors que nous avions rendez-vous, et j'ai tellement peur qu'il lui soit arrivé la même chose. J'ai peur aussi pour moi, malgré tout. S'ils m'attrapent, je serai renvoyée au pays, et je ne pourrai plus vous envoyer une partie de mon salaire. Je ne sais pas comment cela se passe aujourd'hui pour vous, mais je me souviens comme il était dur de vivre sans un sou à l'époque où j'étais encore parmi vous.
Je t'embrasse, et te promets de t'écrire plus longuement si le temps me le permet.
5 novembre
Mon cher frère,
Je t'écris du centre de rétention de Vincennes. Ils m'ont eu, moi aussi. Lors d'un simple contrôle d'identité, un soir que je rentrais du travail. J'ai tenté de fuir mais ils ont réussi à me rattraper. Dans cette rue froide et sombre dans laquelle je courais à perdre haleine, je repensais à chez nous et me demandais avec mélancolie : pourquoi donc ais-je quitté ce pays chaud et chaleureux, le pays de mon c½ur, ma famille et mes amis, pour cet eldorado au goût d'enfer ? Je serai bientôt renvoyée au pays par un charter. Ma seule consolation, c'est de te revoir enfin. Mais je laisse tant de choses ici... L'amour, l'amitié, et une nouvelle vie, une vie d'adulte... Je laisse également mes espoirs, mes rêves et mon optimisme au fond de cette cellule.
Mon seul espoir, c'est de partir le plus vite possible. Même si je ne veux pas vraiment quitter Paris sans Pierre, je préfère tenter de vous retrouver plutôt que de rester enfermé dans cette cellule de 9m², avec pour colocataires des inconnues tout aussi désespérées que moi, mais sans aucun autre point commun. Nous ne nous entendons pas très bien, en partie à cause de nos différences, en partie à cause du stress, de la morosité et de la mauvaise ambiance générale qui règne. J'ai l'impression d'être en prison, alors que mon seul crime est d'avoir voulu fuir la misère, la guerre et la mort, et d'avoir voulu contribuer à améliorer le quotidien des gens que j'aime.
Dans ma dernière lettre, je te confiais mes craintes quant à la situation de Pierre. Malheureusement, elles étaient fondées. J'ai appris qu'il avait été enfermé lui aussi, et qu'il avait déjà été renvoyé dans son pays. Mais je n'ai aucune nouvelle depuis, et j'ai plus peur encore qu'il lui soit arrivé un malheur lors de son retour. Son pays connaît en effet une terrible guerre civile et le fait qu'il ait souhaité fuir en France risque d'aggraver son cas s'il se retrouve dans une situation inconfortable. J'espère tellement qu'il ira bien, et que je pourrai le revoir un jour... Mais j'en doute beaucoup, malheureusement.
J'ai besoin de te voir, de ton soutien, tu me manques énormément...
En espérant te voir bientôt, je t'embrasse bien fort.
17 février
Mon frère adoré,
Je t'écris, même si je sais bien que tu ne liras jamais ma lettre. Je suis rentrée au pays il y a quelques jours, ma seule joie étant de te revoir enfin. Mais, en arrivant chez nous, j'ai trouvé une pile de lettres venant de France, les miennes. Tu n'as pas lu mes dernières lettres, celles où je te disais que je rentrais, et que Paris était devenu un enfer. J'ai appris que tu avais tenté de me rejoindre, et que l'issue de ton court voyage avait été funeste.
Je t'écris cette lettre parce que je voudrais te voir, te parler, j'ai besoin de te raconter ce que j'ai vécu, de te dire ce que je ressens, de t'avouer combien je t'aime, et comme tu as été le plus merveilleux des frères.
Je t'aime, et j'espère que tu es le plus heureux des hommes là où tu es maintenant.
Sola va mi condena,
Correr es mi destino por no llevar papel... »
Manu Chao
20 juillet
Mon cher frère,
Je t'écris pour te dire que je suis bien arrivée à Paris. Enfin, j'y suis ! Le rêve de notre vie, j'y suis enfin arrivée ! La route fut éprouvante, j'ai bien cru que j'allais y rester. En trois mois de trajet, j'ai perdu nombre de mes camarades. Mais je ne veux pas me plaindre, j'ai été épargnée et je veux profiter au maximum de ma nouvelle vie, pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'arriver à bon port. J'ai commencé à visiter la ville-lumière, et je n'en reviens toujours pas de sa beauté. Je me croyais dans un rêve ! La tour Eiffel, Notre-Dame de Paris, le Sacré-C½ur... Mais ce que je préfère, c'est observer les gens. Ils sont tous si différents, si opposés et pourtant tous pareils : ils ont tous le même comportement, vont vers les mêmes endroits... C'est à la fois étrange et fascinant ! Ma balade préférée reste les quais. Le long de la Seine, je croise de mignons amoureux, main dans la main, une bande d'amis qui fait la fête, ou encore des promeneurs rêveurs... tout le monde semble si heureux ! Alors que nous devions nous battre chaque jour pour rester en vie, contre la guerre et la misère, ici règne un monde de beauté et d'insouciance. Le sourire de mon arrivée n'a d'ailleurs pas quitté mes lèvres.
Pendant le voyage, je me suis fait des amis qui pourront m'aider à rechercher un emploi et un logement. Pour ce soir, nous dormirons sûrement au bord de la Seine, si le temps reste assez clément.
Je t'embrasse, ainsi que tous nos amis, et promet de te donner de mes nouvelles le plus tôt possible.
Mon cher frère,
Je t'écris pour te dire que je suis bien arrivée à Paris. Enfin, j'y suis ! Le rêve de notre vie, j'y suis enfin arrivée ! La route fut éprouvante, j'ai bien cru que j'allais y rester. En trois mois de trajet, j'ai perdu nombre de mes camarades. Mais je ne veux pas me plaindre, j'ai été épargnée et je veux profiter au maximum de ma nouvelle vie, pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'arriver à bon port. J'ai commencé à visiter la ville-lumière, et je n'en reviens toujours pas de sa beauté. Je me croyais dans un rêve ! La tour Eiffel, Notre-Dame de Paris, le Sacré-C½ur... Mais ce que je préfère, c'est observer les gens. Ils sont tous si différents, si opposés et pourtant tous pareils : ils ont tous le même comportement, vont vers les mêmes endroits... C'est à la fois étrange et fascinant ! Ma balade préférée reste les quais. Le long de la Seine, je croise de mignons amoureux, main dans la main, une bande d'amis qui fait la fête, ou encore des promeneurs rêveurs... tout le monde semble si heureux ! Alors que nous devions nous battre chaque jour pour rester en vie, contre la guerre et la misère, ici règne un monde de beauté et d'insouciance. Le sourire de mon arrivée n'a d'ailleurs pas quitté mes lèvres.
Pendant le voyage, je me suis fait des amis qui pourront m'aider à rechercher un emploi et un logement. Pour ce soir, nous dormirons sûrement au bord de la Seine, si le temps reste assez clément.
Je t'embrasse, ainsi que tous nos amis, et promet de te donner de mes nouvelles le plus tôt possible.
L.
23 juillet
Mon cher frère,
J'ai trouvé un emploi ! Je vais travailler dans un fast-food. Le travail est assez dur et, d'après mes collègues, pas très bien payé, mais pour moi ça représente une fortune ! Je t'en enverrai une partie chaque mois, en espérant que tu pourras un jour utiliser cet argent pour venir me rejoindre...
En attendant, je ne me lasse toujours pas de contempler la beauté de la ville. Je me suis lié d'amitié avec quelques collègues, et nous passons nos soirées ensemble. Ils m'ont permis de trouver un endroit pour dormir. C'est à l'entrée de Paris, dans un immeuble abandonné. J'ai mon propre appartement ! Bon, bien sûr, tout ceci n'est pas vraiment légal mais je pense pouvoir m'en sortir en restant ainsi, le temps d'économiser assez d'argent pour me payer un vrai logement, et de me renseigner sur comment avoir des papiers.
J'ai aussi rencontré un homme, Pierre. Il n'y a rien de très sérieux pour l'instant, juste un petit flirt, mais cela décuple encore mon bonheur. Finalement, peut-être trouverai-je l'amour dans la ville des amoureux ? J'avoue que je l'espère au fond de moi... Je te tiendrai au courant de l'avancement de notre histoire...
Je m'excuse pour cette lettre assez courte mais, entre mon travail et mes amis, j'ai très peu de temps... Je voulais simplement te prévenir que tout va bien pour moi, et même de mieux en mieux !
Tu me manques, ainsi que tout le village. Embrasse bien tout le monde de ma part...
L.
3 septembre
Mon petit frère,
Je suis désolée de ne pas t'avoir écrit pendant ces longs mois, mais j'ai été tellement occupée par mon travail, les divers déménagements, d'un immeuble insalubre à un autre... De plus, je ne savais pas tellement que te raconter. La routine règle ma vie, comme une vraie parisienne : métro, boulot, dodo comme ils disent ici. Chaque jour se ressemble, le quotidien n'a plus de saveur... Je m'excuse du ton désabusé de cette lettre, mais j'ai l'impression d'avoir porté des ½illères depuis mon arrivée, et la réalité commence tout juste à m'apparaître. La « ville-lumière » est plus sombre que lumineuse. Le long des rues touristiques s'étalent des clochards abandonnés, sans le sou, dont le seul compagnon reste la bouteille, chez qui ils recherchent un peu de chaleur et de réconfort. Les parisiens comme les touristes passent devant eux sans même les voir, ou peut-être ne veulent-ils pas les voir ? Tout n'est qu'apparence. Paris doit sembler beau, doit tenir sa réputation de la « plus belle ville du monde » et pourtant, quand on s'y penche un peu, on voit que la misère et le malheur sont plus présents que l'amour et la beauté. La vie en rose, c'est seulement pour les touristes. Dans le métro, tant de gens se croisent sans même un regard pour leurs voisins. Les passants sont pressés, stressés, individualistes... Ils se disputent pour un rien, font sans cesse des reproches aux autres passagers. Ils ont peur de tout, et surtout de l'étranger. Les élections présidentielles ont eu lieu il y a peu de temps. Bien sûr, ce n'était pas comparable à ce que l'on a pu connaître, les gens peuvent voter ce qu'ils veulent sans peur de représailles, du moins je le crois. Mais celui qu'ils ont élu, je ne sais pourquoi, cultive la haine des étrangers. Depuis son arrivée au pouvoir, la chasse aux sans-papiers bat son plein. Je dois sans cesse me cacher, fuir la police, changer souvent de logement... La vie est devenue très difficile. Heureusement, Pierre me soutient. Nous sommes très amoureux l'un de l'autre et, s'il n'était pas là, je ne sais pas comment je pourrais affronter tout cela. Malgré tout, je m'en veux de me plaindre de ma situation alors que vous devez vous battre chaque jour ! C'est simplement que, même si je sais que j'ai de la chance d'être ici, j'ai perdu toutes mes illusions... Notre rêve n'en était finalement pas un.
Vous me manquez tant...
Je t'embrasse bien fort, ainsi que tous nos amis.
L.
16 septembre
Mon frère,
Je n'ai pas vraiment le temps de t'écrire une longue lettre cette fois-ci. Je t'écris simplement pour te dire que j'ai très peur. Un de mes amis les plus proches a été arrêté par la police il y a quelques jours. Il avait perdu son titre de transport et, quand les contrôleurs lui ont demandé ses papiers et qu'ils ont vu qu'il n'en avait pas, ils ont prévenu la police. Il est maintenant au centre de rétention de Vincennes. Je n'ai pas vu Pierre depuis plusieurs jours, alors que nous avions rendez-vous, et j'ai tellement peur qu'il lui soit arrivé la même chose. J'ai peur aussi pour moi, malgré tout. S'ils m'attrapent, je serai renvoyée au pays, et je ne pourrai plus vous envoyer une partie de mon salaire. Je ne sais pas comment cela se passe aujourd'hui pour vous, mais je me souviens comme il était dur de vivre sans un sou à l'époque où j'étais encore parmi vous.
Je t'embrasse, et te promets de t'écrire plus longuement si le temps me le permet.
L.
5 novembre
Mon cher frère,
Je t'écris du centre de rétention de Vincennes. Ils m'ont eu, moi aussi. Lors d'un simple contrôle d'identité, un soir que je rentrais du travail. J'ai tenté de fuir mais ils ont réussi à me rattraper. Dans cette rue froide et sombre dans laquelle je courais à perdre haleine, je repensais à chez nous et me demandais avec mélancolie : pourquoi donc ais-je quitté ce pays chaud et chaleureux, le pays de mon c½ur, ma famille et mes amis, pour cet eldorado au goût d'enfer ? Je serai bientôt renvoyée au pays par un charter. Ma seule consolation, c'est de te revoir enfin. Mais je laisse tant de choses ici... L'amour, l'amitié, et une nouvelle vie, une vie d'adulte... Je laisse également mes espoirs, mes rêves et mon optimisme au fond de cette cellule.
Mon seul espoir, c'est de partir le plus vite possible. Même si je ne veux pas vraiment quitter Paris sans Pierre, je préfère tenter de vous retrouver plutôt que de rester enfermé dans cette cellule de 9m², avec pour colocataires des inconnues tout aussi désespérées que moi, mais sans aucun autre point commun. Nous ne nous entendons pas très bien, en partie à cause de nos différences, en partie à cause du stress, de la morosité et de la mauvaise ambiance générale qui règne. J'ai l'impression d'être en prison, alors que mon seul crime est d'avoir voulu fuir la misère, la guerre et la mort, et d'avoir voulu contribuer à améliorer le quotidien des gens que j'aime.
Dans ma dernière lettre, je te confiais mes craintes quant à la situation de Pierre. Malheureusement, elles étaient fondées. J'ai appris qu'il avait été enfermé lui aussi, et qu'il avait déjà été renvoyé dans son pays. Mais je n'ai aucune nouvelle depuis, et j'ai plus peur encore qu'il lui soit arrivé un malheur lors de son retour. Son pays connaît en effet une terrible guerre civile et le fait qu'il ait souhaité fuir en France risque d'aggraver son cas s'il se retrouve dans une situation inconfortable. J'espère tellement qu'il ira bien, et que je pourrai le revoir un jour... Mais j'en doute beaucoup, malheureusement.
J'ai besoin de te voir, de ton soutien, tu me manques énormément...
En espérant te voir bientôt, je t'embrasse bien fort.
L.
17 février
Mon frère adoré,
Je t'écris, même si je sais bien que tu ne liras jamais ma lettre. Je suis rentrée au pays il y a quelques jours, ma seule joie étant de te revoir enfin. Mais, en arrivant chez nous, j'ai trouvé une pile de lettres venant de France, les miennes. Tu n'as pas lu mes dernières lettres, celles où je te disais que je rentrais, et que Paris était devenu un enfer. J'ai appris que tu avais tenté de me rejoindre, et que l'issue de ton court voyage avait été funeste.
Je t'écris cette lettre parce que je voudrais te voir, te parler, j'ai besoin de te raconter ce que j'ai vécu, de te dire ce que je ressens, de t'avouer combien je t'aime, et comme tu as été le plus merveilleux des frères.
Je t'aime, et j'espère que tu es le plus heureux des hommes là où tu es maintenant.
L.
